Notes Lunatiques

La nouvelle vie à peine romancée d'une apprentie savant fou es alchimie transcendantale.

30 septembre 2009

Dix-septième jour, ze suite : alone in the light, and still alive

Je commence peu à peu à prendre mes repères dans ce monde hostile, et à étendre les tentacules baveux de mon réseau de connaissance. Hier je me suis procurée la carte de resto de binôme en attendant que la mienne soit imprimée, ce qui m’a permis de dîner avec mon honorable disciple de français, le 3è année nippo-coréen rencontré le jour de la rentrée. Nous avons conversé J-Drama et grammaire japonaise, mais wakaranakatta pas tout…

Egale à moi-même, je vais rarement vers les gens, ce sont en général eux qui viennent me faire la conversation au détour d’une cabine d’ascenseur, me demander mon nom et ce que je suis bien venue faire dans ce zouk. Une fois il y a même un gars que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, qui est venu me demander si je venais de… Vous savez, là… le pays nuageux, dans le Nord… J’ai dû faire une tête style « gné mais qu’est-ce qu’il me veut celui-là ? », avant de me rendre compte que c’était juste un gars de la promo dont je n’avais pas mémorisé le visage. Ils sont tous super gentils avec moi, il y en a même un qui me chambre toutes les deux minutes en m’appelant par des prénoms celtiques, sans parler de binôme qui essaie de casser la sale geek que je suis à chaque fois que j’essaie de dire quelque chose d’intelligent, ce qui je pense est signe de loyauté binomiale indéfectible dans ce pays. J’ai bon espoir de valider sous peu le critère ultime d’intégration estudiantine : je devrais être prochainement être invitée à une liche-party ! Les négociations sont en pourparler.

 

Côté exploration du territoire, j’ai encore du mal à me repérer dans la diabolique jungle urbaine de Lagdanam. Demain je vais essayer de me frayer un chemin jusqu’à la poste sans me perdre, en espérant que ce sera plus concluant que la visite au centre commercial de ce week-end. La particularité de Lagdanum est d’afficher des grèves des transports en commun la moitié de l’année, ce qui pousse les étudiants à se déplacer en vélov (le vélibre de là-bas) qu’il pleuve ou qu’il pleuve. Le problème étant que le réseau de piste cyclable est très limité, ce qui forcent les frêles vélov à être confrontés aux mastodontes de la route locaux. Toute exploration me paraît dès lors presque périlleuse, et je ne trouve pas toujours l’occasion d’aller m’imprégner du bruit et de la fureur de la population locale. Et toujours ce ciel blanc, et toujours cet étrange brouillard qui traîne dans les peupliers le matin.

 

Et puis :

Everybody come and play

Throw every last care away

Let's go to the mall today

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Dix-septième jour : les joies de l'indépendance

linge

Ça c'était la semaine dernière, cette fois je crois que je vais m'offrir un tour de sèche-linge !

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29 septembre 2009

Seizième jour : soin aux créatures artificielles magiques

Aujourd’hui, nous avons eu une matinée entière de cours d’alchimie, consacrée aux matériaux magiques. Un savant échevelé nous a tout d’abord parlé de long en large de son domaine de prédilection, les composants piezo-alchimique. Ils permettent de faire des moteurs microscopiques et des capteurs qui fonctionnement sans aucun fil, s’alimentent tout seul et rendent leurs comptes par radio.

 

Puis une japonaise a débarqué, avec son accent à tartiner au wasabi et ses fautes de français trop kawaii bien que pas toujours très compréhensibles. Très vite, des matériaux magiques, nous avons dérivé vers les cuLéatouLes aLtificielles madgiques (Hagrid, sort de ce corps !). Nous avons pu voir une photo (non truquée, promis !) de la mouche télécommandée de Gaston Lagaffe, le scratch simili patte de gecko qui fait tenir une bouteille de coca collée au plafond par un fil, et Arc-en-ciel le poisson onduler gracieusement dans une piscine de toutes ses écailles métallisées. L’avènement des matériaux magiques a eu lieu après un impressionnant accident d’avion (saletés de bestioles !), qui a eu lieu quand on était petits, et qui a donné ça :

aloha

Choqués, la communauté des savants fous a lancé la course aux capteurs sécurités, les fameux capteurs qui fonctionnent tout seul, capables de prévenir les problèmes techniques en permanence.

 

De fil en aiguille, nous en sommes arrivés à des études étranges : des tissus capables de se faire des callosités tout seul, des lunettes nanométriques, ou encore un ascenseur spatial qui tient debout sur des centaines de kilomètres grâce à sa structure en tube de carbone.

 

Et enfin, en exclusivité, la NASA vous présente l’avion du futur (beurk, avion, vilain pas beau), le morphing aircraft : http://www.youtube.com/watch?v=vR3T8mdpdTI

morphing_aircraft

Je dédie ce lien à tous les dégénérés qui inspire à tendre vers le piaf.

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28 septembre 2009

Quinzième jour : schnitzel, tabernacle !

Aujourd’hui, découverte du cours de télépathie. C’est une matière qui ne me disait rien qui vaille, car je m’attendais à bouffer sec des formules longues comme le bras d’ondes ou autres joyeusetés de ce genre. En réalité il s’agit seulement de savoir de façon plus pratique comment est acheminé une information d’un point A à un point B, à travers les nœuds d’un réseau de sujets pensant. En prenant en compte l’étiquetage des données, ainsi que les systèmes de pare-feu pour éviter aux requêtes malveillantes d’atteindre ses données. Brrr, je n’aimerais pas qu’on corrompe mes données.

 

Bon pour l’instant ce n’est que de la théorie, mais j’ai hâte de pouvoir envoyer de moi-même des requêtes complexes ; il est vrai que notre interface de communication le plus couramment utilisé (©Billou Corporation), si encapsulé et protégé comme si nous étions des bébés de trois ans assez niais pour détruire notre propre processus mental, ne permet de n’émettre que des babillages de niveau maternelle section kikoo lol. Le cours a viré au trip du 42è degré quand le prof s’est éclipsé pour nous laisser devant une petite animation nous vulgarisant les grands principes de base. Il est vite apparu que ça avait été fait par des québécois, ce qui n’est guère surprenant quand on voit le contenu. L’idée d’un cours préparé par des savants fous québécois me fait sourire. C’est une combinaison plutôt détonante, non ? Genre le lapin de la véritable histoire du petit chaperon rouge, je dirais, l’accent en plus.

 

Je vous mets le site où l’on peut trouver ce fantastique film :

http://www.warriorsofthe.net/movie.html

En espérant qu’après ça, vous compreniez quelque chose à ce que je raconte >_<.

wotn

Can... I... control... your mind... Plizzz? And I'll give you some cake... do you like...cake ?

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25 septembre 2009

Douzième jour : les phénomènes paranormaux commencent à apparaître

« Excusez-moi, savez-vous où est le bâtiment Saint Exupéry s’il-vous-plaît ? » (parmi les centaines et les centaines de bâtiments qui semblent joncher ce campus de m… sous un soleil de plomb, en plein mois de septembre, oui tout est normal.) « C’est pas ici ? Bon… Merci quand même. »

 Cette semaine j’ai donc passé une partie de mon temps à parcourir l’école de long en large à la recherche du lieu de mes réunions de présentation de master recherche, me mettant en retard à des rendez-vous qui ne me concernaient finalement même pas, et séchant même mon premier cours d’option pour pouvoir m’inscrire en alchimie transcendantale théorique. Mais à vrai dire, le seul sentiment que cela m’inspirait était ma fascination pour le monde nouveau et étrange qui constitue désormais mon quotidien. Ici, on dresse des bâtiments de cours à la gloire des grands scientifiques ou intellectuels comme d’autres brandissent des pancartes au nom de leur nouvelle star préférée. On peut entre autres rencontrer au gré des allées Messieurs Sadi Carnot, Gustave Eiffel, Louis Pasteur, Nicolas Flamel, Charles Augustin Coulomb, Jules Verne… (cherchez l’intrus) En sortant de cours, j’ai vu deux gars faire du VVT acrobatique sur des parapets, et le temps de regarder où j’allais, j’ai failli me faire renverser par un motocycliste. Ici les gens se ramènent en cours avec une demi-heure de retard sans que cela ne semble gêner qui que ce soit, et surtout pas le prof. Quand j’ai voulu m’annoncer parce que j’arrivais de ma réunion de M2R en plein milieu de cours, la secrétaire carabosse du département m’a expliqué tout miel qu’il ne fallait pas frapper à la porte et rentrer ni vu ni connu. Et surtout, surtout…

P250909_20

J’ai vu le principe d’équivalence en cours !!! Trop classe, hein ?

Pour ceux qui ne connaissent pas, petite présentation : quand je parle d’alchimie, je ne pense pas à la pierre philosophale, mais à l’alchimie au sens de Full Metal Alchimist, un manga très très cool que je vous recommande. C’est l’histoire de deux jeunes frères, Ed et Al, qui ont un don inégalé pour l’alchimie, une science très puissante permettant de transmuter les objets suivant le principe de l’équivalence, c’est-à-dire la conservation de la matière. Mais il y a quelques interdits à respecter… Lors d’une expérience, Al et Ed ont fait une très très grosse bêtise, et parcourt maintenant le monde à la recherche d’informations qui permettraient de la réparer.

Bon, c’est très sombre quand ça s’y met. Ed est le sosie absolu de quelqu’un qui se reconnaîtra peut-être XD. Et comme un petit lutin m’en avait fait un jour la remarque, y a quelque chose de bancal dans ce principe d’équivalence, Messieurs les scientifiques, peut-être que vous aussi vous le remarquerez si vous vous penchez sur cette série !

ed_under_moon

Ed qui s'la pète. Sale nabot, va.

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23 septembre 2009

Dixème jour : pas le temps d’écrire, les chocobos n’attendent pas !

Déjà trois jours ! Petit état des lieux…

 

Lundi 21/09/09

 

8h25

Seule au milieu d’une marée d’étudiants, dont la plupart sont en 3è année. En plus, le gars de l’accueil m’a donné le programme des 3è année pour rigoler, alors ils me prennent pour l’une des leurs. Le temps s’étire interminablement, et j’essaie d’attendre 8h30, l’heure du premier amphi, en ayant l’air le moins cruche possible. Le petit carnet offert par la maison à notre arrivée s’avère décidément bien utile…

J’ai déjà gagné vingt minutes à lire le bottin des clubs. J’ai déjà repéré le club JdR, une bibli de mangas, et un club de tae kwondo. Bon, pourquoi personne ne rentre en amphi ?

 

10h

Premier amphi toutes années confondues. J’ai trouvé moyen de copiner avec deux étudiants étrangers… en échange et en 3è année. L’un d’eux est un japonais venu ici glander un semestre. Il parle encore mal français et était ravi quand je lui ai parlé en anglo-japonais (bon ok, je ne sais pratiquement que dire le numéro de ma chambre en japonais, mais on va se débrouiller). Il faudra que j’aille le voir un jour ou l’autre. Mes deux compères partent pour d’autres aventures, me laissant dans le grand amphi avec 103 5è année totalement inconnus.

 

12h

La journée est organisée comme une grande tombola. La bonne nouvelle, c’est qu’apparemment, mon contrat pédagogique impose au département de me donner mon option d’alchimie transcendantale appliquée d’office, alors qu’elle est la plus demandée ; la mauvaise, c’est qu’on m’a dit que le master recherche que je veux faire est celui où il y a le plus de matières supplémentaires à bouffer. C’est étrange de se retrouver au milieu d’une foule de gens qui se connaissent entre eux mais ne te connaissent pas. Impression d’immersion dans une grande famille, aux membres uniformément joyeux et soudés. J’ai essayé de discuter avec un petit groupe, puis un gars aux cheveux longs inscrit lui aussi en ATA est venu discuter avec moi de l’option. Il est devenu mon binôme.

 

17h30

JE SUIS EN ALCHIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE !!!

 

Toujours beaucoup de suspence autour de mon intégration, et la charge de travail. J’ai hâte que mon militaire préféré vienne faire des folies avec moi et gusgus à Lagdanam !

Je raconterai la suite un peu plus tard, je n’ai pas beaucoup de temps à moi. Il faut dire que l’élevage de chocobo est un travail de longue haleine, et il faut savoir gérer ses priorités. (C’est quoi un chocobo ? Ah, ça…)

Cloud_Chocobo WAAAÂÂAK? - gentil cocobo, gentil...

(un gros délire trouvé en cherchant cette image ici)

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18 septembre 2009

Quatrième jour : et le look émo, ça fait des points pour le classement des options ?

« Bonjour, Mr Razul, enchanté. Entrez, entrez ! Prenez un siège, je vous en prie ! »

Je m’en prie.

« Euh donc, pour la rentrée… »

« Pas d’inquiétude, tout va bien se passer ! Lundi, vous venez ici, devant ce bâtiment – c’est ici qu’on lieu tout les cours, sauf les TP d’enchantements automatisés, qui se font dans le bâtiment juste en face, là, vous voyez ? Vous venez à partir de 7h45, le petit déjeuner est offert ! Ensuite, il y a amphi de 9 à 10. Et puis un autre de 11 à 12. Et puis encore l’après-midi… Les responsables des options, des masters, seront là, ils vont TOUT vous expliquer. Vous n’avez qu’à suivre le mouvement !

« Et… Pour les options…

« …Et à la fin de la journée, on vous donne un petit papier, et vous numérotez vos choix dans l’ordre de préférence. On met ça à la moulinette, et hop ! Sélection selon la minimisation d’insatisfaction. A la fin de la journée, vous savez en quelle option vous êtes ! »

« Alors c’est toujours pas décidé, les options ? ça veut dire que je sais toujours pas si j’ai une des 16 places en Alchimie transcendantale appliquée ? Sur… dites, il y a combien d’élève dans la promo ? »

« Oh, rassurez-vous, tout va bien se passer ! On a augmenté les places disponibles, et on n’a qu’une petite promo cette année. ( ! ) 103 élèves. (aaAAAaargh) Bon, je vais téléphoner au responsable du master recherche d’alchimie transcendantale théorique, il vaut mieux que vous soyez mise en contact avec lui… Vous pourrez discuter pour vois si cette option vous intéresse. »

« En même temps… Je viens un petit peu à Lagdanum pour la faire… Mais je ne sais pas comment ça va se passer. Je commence tout juste à étudier les bases de l’alchimie… »

« Mais tout va bien se passer. De toute façon, l’alchimie, ça reste du bricolage, hein, vous avez les bases ! Vous ferez plancher le binôme ! »

« … »

 

Non, sérieux, il est vachement gentil ce Monsieur (un prof de télépathie, beurk ! je déteste les matières de télécom). C’est juste que je ne sais toujours pas à quelle sauce je vais être mangée. Pour oublier mon trouble et aussi parce que J’AI TROP LA FLEMME DE BOSSER mon alchimie, je suis partie faire un tour de vélibre (« bip ! caution : 150€ », ça vous rappelle quelque chose ? :D)

 

Et sans trop savoir comment figurez-vous, je me suis retrouvée le cul sur un siège de coiffeur. J’ai troqué une somme rondelette contre une couleur, grande nouveauté pour moi, ce qui m’a donné le vague malaise du funambule en plein Mistral. La coiffeuse m’a engluée la tête dans une énorme choucroute d’algues transparentes, donc les émanations ammoniaquées me piquaient les yeux. J’ai ensuite été lavée, papouillée, épouillée, repassée, relavée, délavée, repliée, coiffée, et enfin on m’a coupé les cheveux. Je ne voyais rien, je n’avais aucune idée de ce qui se passait. A un moment, la coiffeuse m’a juste confié qu’elle cherchait ce qu’elle allait me faire. Total expérimental quoi. Dans le miroir flou, j’avais la bizarre impression que le début de ma tête était chauve. Le salon de coiffure m’a finalement craché dans la rue avec une espèce de coupe au bol et des mèches… BLEUES ? J’avais demandé rose indien caramélisé ! Je vais ressembler à QUOI maintenant ?

A une buse, comme d’hab. Pour ma rentrée. Et ça recommence. Je suis rentrée chez moi dans un état second, me laissant doubler par les voitures dans les carrefours avec la vague impression d’être ridicule.

Et puis, en ouvrant la porte de la salle de bain, j’ai vu ma tronche complètement décoiffé. Mais… mais… MAIS C’EST TROP CLASSE !

Bon finalement, je crois que je peux ajouter « look » dans la longue liste des nouveautés de cette nouvelle vie. Espérons que ça dure.

(Mais naaaan ils sont ni bleus ni roseuh, je suis pas maso à ce point !)

kaname_chidori

Comme Chidori, votez bleu !

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Bon, c'est pas qu'on s'ennuie...

... mais maintenant que vous savez que je suis toujours vivante, je vais passer à quelque chose de plus... romancé. Ça partira toujours de faits réels, mais si vous trouvez que ça part en latte, c'est que j'ai sûrement un peu exagéré les choses. Mais à vrai dire, c'est ça que j'avais envie de faire sur ce blog.

Notamment, afin de préserver leur anonymat, le nom des matières que j'étudie seront remplacer par des domaines d'étude moins terre à terre, provenant de Poudlard ou de tout univers fantastique de mon répertoire.

Merci de votre compréhension.

On reprend donc : il était une fois Seika, une scientifique aguerrie venue passer sa dernière année d'étude es savant fou dans une école de la pittoresque petite ville de Ladgdanum...

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16 septembre 2009

Deuxième Jour : brouillard et manga-pouffe

Quoi ?! Encore du putain de temps gris ? Non, s’il-vous-plaît, ne me forcez pas à rester coincé une journée de plus avec ELLE ! (Les diodes de la télé s’éclairent fugacement d’une lueur rouge sournoise.)

 

Hum.

 

J’ai donc décidé aujourd’hui de partir pour ma première mission d’exploration dans la jungle urbaine locale, malgré le ciel bas qui teintait le paysage d’un blanc grisâtre de photo surexposée. Pas terrible, mais en même temps j’avais pas besoin de l’ambiance club Med pour squatter le centre commercial géant de la Part-Dieu et m’y adonner à mon activité favorite : la chasse aux breloques que j’achèterai jamais parce que c’est trop cher mais que je trouve quand même ça trop cool rien qu’à les voir. Afin de me fondre dans la faune ambiante, j’avais opté pour une tenue de camouflage baggy kaki-vieux gilet de sport élimé : insignifiant et wesh-wesh à la fois. Ca ne m’a pas empêché de flipper un peu quand j’ai vu une bande d’ados gloussant grassement non loin de moi, faire des allées et venues pas discrètes du tout devant les vitrines des magasins. Variété locale de requins, ou distraction de poissons rouges ? En tout cas je me suis dit qu’ils ne chassaient pas exactement le même gibier que moi et je me suis barré sans demander mon reste. Au fil de mes pérégrinations j’ai tout de même à me procurer un nouveau portable (oui, les photos arrivent), et j’ai fini je ne sais comment avec une paire de collants dans mon sac. Hum. Une paire de collants rose foncé. Ahreum kofkof. De la collection « Sensei », avec une pouffe avec des couettes façon Bunny de Sailor Moon qui me fait un clin d’œil sur l’emballage. J’ai pas compris ce qu’elle faisait aux galeries Lafayette, mais sur le coup j’ai pensé qu’un bout de collant rose (foncé le rose, hein !) entre une jupe et des bottes noirs, ça ferait classe… J’espère juste que je le penserai toujours au moment de les mettre… Je crois que je vais les essayer ce soir, comme ça je serai fixé sur mon sort. Oui, une photo si vous êtes sage. Ou pas. Un tour de manège plus tard, aventurière solitaire au milieu d’une foule d’inconnus d’à peu près toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, je réussi à regagner mon repaire toujours en vie. Sur le chemin du retour, je pense au nouveau look que je vais me concocter, collants manga-pouffe ou non. Je pense à mon nouveau portable avec son nouveau numéro, qui risque de me couper de plus de choses de mon ancienne vie que je ne le veux. Au-dessus de ma tête, les arbres sont toujours empêtrés dans un brouillard blanchâtre.

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15 septembre 2009

Premier jour : M'maaan, quand est-ce qu'on mange ? Ah oui c'est vrai, je ne suis pas mariée.

Ouaaah qui a allumé la lumière ?

Je zieute avec mécontentement le volet entrouvert qui m'envoie un faisceau de temps gris en plein dans la figure. Autour de moi se dessine avec le flou artistique qu’est ma myopie une chambre aux murs de crépis saumon, encombrée de sacs Ikea aux contenus diverses et variés et d’une armée de paquets de gâteaux. Et cette chambre m’est totalement inconnue. Je lève la tête dans un bruit de muscle rouillé, et me retrouve nez à nez avec un gigantesque micro-ondes, qui émet un clignotis vert comme pour me souhaiter le bonjour.

« Purée, j’étais vraiment fracasse hier soir… »

Et puis peu à peu ça me revient par blocs, comme un film à l’envers : le braquage de Boulanger (le micro-ondes opine), les tours de manège chez Ikea, le caddie mort d’indigestion débordant de pack d’eau et d’assez de biscuits bio pour tenir un siège (sait-on jamais). Et avant ça la voiture, pendant sept heures, le livre d’électrotech sur les genoux, mon chauffeur disant que si je ne rentrais pas dans le rang, il y aura des gens pour me juger où que j’aille… Oh putain le bad trip, j’aurais pas dû faire du ménage jusqu’à 3h du mat’, mais c’est le sol, le sol était couvert d’une poussière poisseuse, partout, et le chauffeur m’avait laissé planté là avec courses et bagages, éparpillés sur le sol poisseux, avec Julia de Nip Tuck à la télé qui mangeait un steak saignant et…

 

Purée, je suis toute seule ! Je saute à la fenêtre, une rangée de peupliers que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam me salue d’un hochement de tête sous la pluie battante. Et en plus, je suis coincée là-dedans pour la journée. Bon. J’ai plus où moins oublié de manger, j’ai continué le ménage et quelques bricoles administratives encore sur le feu, sous le blabla incessant de ma nouvelle meilleure amie la télé. Il faut encore que je nettoie les… Putain, j’ai des toilettes ! A moi, rien qu’à moi ! Et ma propre télé ! Et et… j’ai même mon propre fucking micro-wave oven !

 

La journée se déroule ainsi dans une certaine confusion mentale. « C’est ta nouvelle vie, déchaine-toi ! » m’a soufflé un petit lutin à l’oreille quand j’ai posé le pied à Lyon, mais pour l’instant, la solitude et la peur de l’inconnu tente de s’immiscer dans mon aventure de Robinson de luxe high-techement sur-équipé. Une fois que la télé m’a filé une bonne migraine, je sors sous la pluie repérer mon nouvel environnement. Les manants planqués sous leurs parapluies, ignorent l’ombre qui passe cachée sous un K-way, et je me demande en combien de temps cette fois j’arriverai à passer pour le mouton noir de service. Je m’arrête devant le bâtiment voisin de ma nouvelle maison : au premier étage derrière une grande baie vitrée, une rangée de vélos d’appartement font bronzette malgré la pluie. Mes muscles grincent de convoitise, et j’ouvre la première porte qui donne sur le bâtiment. Pour la refermer aussitôt. Allez savoir pourquoi, c’était une salle de classe. Je tente une parade en fuyant vers la ligne de tramway, mais la borne automatique ne veut pas lire ma carte… J’espère que ce n’est rien, il manquerait plus que je sois coincée ici seule ET fauchée. Retour à la piole, et à la migraine. Bon, OK, pas si seule que ça. Y a les desperate housewives qui passent ce soir.

 

Campus_Doua_1




















Désolée si c'est un peu confus et pas très passionnant, je suis encore sous l'effet du décalage horaire. Et puis j'aurai ptet bientôt un portable avec appareil photo, ça me permettra de vous montrer tout ça un peu plus concrètement.

Posté par lune hikari à 19:53 - Quotidien - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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