Notes Lunatiques

La nouvelle vie à peine romancée d'une apprentie savant fou es alchimie transcendantale.

30 octobre 2009

Journal de vacances : 7 jours dans la vie d'une geek - partie 2/3

Si vous venez d'arriver, le début est dans le post du dessous ! (Oui, canalblog n'aime pas mes ancrages...)


Quatrième jour :

 

7h07 : le Milka commence à manquer. Il nous faut rationner. Pour ce faire, nous élisons un Grand Maître du Milka.

 

8h05 : Internet ne marche plus. Cette fois s’en est trop.

 

Edit 23h26 : le PC de Guybrush nous a définitivement lâchés. En ouvrant la tour nous avons réalisé que le disque dur a été rongé et déchiqueté. Les rats n’auraient pas pu faire ça.

 

Cinquième jour :

 

1h10 : Nous avons été tirés de notre transe CSienne par des couinements à vous faire froid dans le dos. La fouille de la pièce n’a rien donné. Nous tentons de nous remettre de nos émotions à grand renfort de Milka.

Mais la réserve semble avoir disparu.

 

Edit 1h12 : Là où se tenaient nos dernières rations de survie, il ne reste qu’une poignée de copeaux de chocolat, qui forment une piste s’éloignant vers le mur le plus proche.

 

Edit 1h21 : La piste nous a menés à un petit trou au pied du mur rongé par l’humidité, juste sous une série de canalisations. Comprenant que sa dose de Milka déca-journalière ne serait pas assouvie, Taurok s’est énervé et a arraché les canalisations dans un hurlement bestial. Un pan du mur décrépi lui est resté dans la main, ouvrant un passage sur une nouvelle pièce sombre dégageant une sacrée odeur de renfermé.

En tant que propriétaire de la cave, je suis volontaire désignée d’office pour partir en éclaireur. Malgré ma lampe torche à dynamo, il fait noir comme dans un four là-dedans. J’ai peur.

 

Edit 1h57 : le faible halo de la torche nous a révélé une caverne creusée à même la roche, aux parois grossièrement taillées et suintant d’humidité. Les tags plus qu’équivoques laissés par ses derniers occupants nous ont rapidement fait comprendre qu’elle servait à de planque à des résistants bretons indépendantistes pendant l’occupation. En témoigne encore la vingtaine de bouteilles de cidre empilées dans un recoin. Mais aucune trace de nos mangeurs de chocolat.

A peine avais-je transmis cette information à ma confrérie, qu’une centaine de petits yeux rouge fluorescent est apparue sur le sol de la cave. Aussitôt des milliers de couinements stridents ont fait écho dans la pièce secrète, explosant à nos oreilles à nous en crever les tympans. Nous sommes restés sonnés, pliés en deux sur le sol de la cave, plusieurs minutes durant, je ne saurais même pas dire combien. Lorsque nous avons repris nos esprits, les couinements s’étaient calmés, mais leurs propriétaires en avaient profité pour prendre position. Des dizaines de rats mutants, au regard féroce et au poil verdi par 60 ans de copinage avec du radon en désintégration. Et ils nous encerclaient.

Onsen a subodoré qu’ils n’étaient peut-être pas méchants. C’est ce moment-là qu’un spécimen gros comme un ragondin à choisi pour se lécher les babines en bavant abondamment sur mes orteils. Maman m’a toujours dit que vivre dans une cave n’était pas bon pour ma santé.


slaser

Tout bon nerd sait qu'un bon sabre laser vaut mieux

qu'une vingtaine de lampe à dynamo pour buter des rats mutants dans le noir.

Si j'avais su...


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28 octobre 2009

Journal de vacances : 7 jours dans la vie d'une geek - partie 1/3

Premier jour :

 

19h36 : ça y est, la LAN a investi la cave, c’est parti pour 7 jours de FPS endiablé ! J’espère seulement que Taurok a abandonné son cri de guerre « BAM DANS LES GLAOUIS ! », ma maman dort juste au-dessus et je n’ai pas envie qu’elle ressorte la batte de base-ball comme la dernière fois.

 

Deuxième jour :

 

4h45 : Onsen a fait 2 secondes au démineur. Nous avons mis-à-jour la page Wikipédia en conséquence.


demineur_2s

 

Edit 23h37 : Guybrush a été brusquement déconnecté de la partie de Jedi Knight 3. On n’arrive pas à savoir pourquoi.

 

Edit 23h42 : le câble Ethernet avait été en fait mangé par un rat. Il ne nous en reste donc plus que quatre dans la réserve.


Troisième jour :


3h23 : tout le monde râle que la porte de la cave et le soupirail font un gros courant d’air, mais personne ne se décide à se bouger le cul. Je me sacrifie finalement et claque violemment la porte.

 

Edit 12h12 : Onsen propose d’utiliser les ondes des téléphones portables pour cuire la pizza surgelée.

 

Edit 15h54 : je viens de me rappeler que la porte de la cave ne s’ouvre que de l’extérieur.

 

Edit 15h59 : échec cuisant après avoir laissé Taurok tambouriner à la porte en gueulant. Apparemment Maman est sortie. Je vais l’appeler sur son portable.

 

Edit 16h02 : la batterie de mon téléphone est à plat. Celle des autres aussi. Heureusement, la pizza a pu être sauvée.


sword_master

"I am the Minesweeper Master !!!"


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23 octobre 2009

Quarante-et-unième jour : retour à la réalité

Une maison mangée par la vigne, au milieu des prés et des champs de blé. D’une fenêtre s’échappe les odeurs colorées d’une soupe et d’un crumble parfumé au rhum. Yo-ho yo-ho, je suis chez moi, enfin. Je m’élance dans l’allée, et mes mèches roses reprennent la blondeur des foins, et le cliquetis de mes bijoux se fond dans les bruits de clochette de ma chatte bondissant vers moi. Et dans mon dos, une petite feuille de papier, pleine d’encre bleue et de traits propres, virevolte dans le vent.

Je passe la porte avec le traditionnel : « M’man, j’ai du linge sale pour toi ! » Au bout de mon bras, ma valise semble flotter dans les airs tandis que je l’entraîne dans l’entrée de toute la force de mes petits bras. Suivie de quatre petites feuilles quadrillées, fusant dans mon sillage.

La machine à laver remplie, le crumble englouti (« M’man, j’ai mis la vaisselle dans l’évier ! »), je saute sur mon fidèle VTT et, dans un souffle brassant des dizaines de feuilles blanches, je suis emportée par une volonté mystique sur les petits chemins caillouteux. Putain de Bretagne, comment que tu m’as manqué !  Lagdanam, comparée à toi, n’est que bitume, n’est qu’une haute façade d’un rose sale obscurcissant l’horizon ! Ici ça sent l’herbe humide, et le terreau, et la pluie, et l’humain est dissout dans ce parfum comme autant de brins d’herbe dans le vent d’Ouest ! (Et autant de feuilles aussi, des centaines derrière le vélo.)

Il suffit d’en parler pour que la pluie vienne à moi, embourbant ma bécane dans une ornière de tracteur, comme une gamine faisant une bonne blague. Ma peau d’un frémissement tente de résister, puis reconnaissant son élément premier commence à boire les gouttes comme si elle revenait d’une longue marche dans le désert. Après avoir dégagé mon vélo, je finis la route en marchant les pieds dans l’herbe douce, absorbant la pluie jusqu’à me diluer dans le paysage. Je débouche sur une maison biscornue entourée de champs en friche et de deux poneys apathiques. Un fauve multicolore m’accueille en me bondissant dessus, mais changeant brusquement d’idée il rebondit sur mon bras et repart en galopant dans l’autre sens pour aller se planquer derrière une cabane à outils, d’où émane une aura bleue électrique peu naturelle. Sans me démonter, j’ouvre la porte en grand :

« Onsen ! Tu oses commencer ta partie de Diablo sans moi ? »

Une tête ébouriffée émerge de derrière un des innombrables écrans de PC qui peuple la pièce de la taille d’un placard à balais. Le propriétaire des lieux a poussé le vice jusqu’à coincer dans un recoin inoccupé une boule électrique remplie d’éclairs bleus vifs.

« Attends, je te fais une place ! » répond l’intéressé en faisant voler quelques câbles et moutons de poussières à travers la cabane. « Mais… Seika, qu’est-ce que c’est que CA ? »

Je fais volte-face, et tombe nez-à-nez avec l’amas de feuilles. La pluie en a fait une montagne de papier mâché qui prend vaguement la forme d’un golem, ou d’une moussaka géante, selon l’angle de vue. Il s’avance vers moi en rugissant de mécontentement, faisant onduler dans ses mouvements des milliers de formules mathématiques que je n’arrive pas à comprendre. Je plonge derrière les ordinateurs aux côtés d’Onsen, mais notre tranchée improvisée ne nous laisse même pas la place de lever le bras pour hisser le drapeau blanc. « Que veulent dire les formules ? Que veulent dire les formules ? » Répété-je désespérément. « Onsen, trouve les formules, c’est notre seul chance de salut ! »

Onsen parvient à envoyer la boule électrique à la figure du monstre, qui s’éteint lamentablement en vol et lui rebondit dessus avec la véhémence d’un ballon de plage.

« Que veulent dire les formules ? Que veulent dire les formules ? » insisté-je. « C’est notre seul moyen de survie ! »

« La cage de Farraday ne peut rien contre le papier », commente philosophiquement Onsen.

En réaction à l’attaque, le golem-moussaka hurle soudain toute son indignation, et claquant la porte de la cabane, nous laisse pour dernière image sa gueule béante fondant sur nous.

 

BAM !

Seika, descente de lit. En vente dans tous les bons IKEA.

It’s phone time.

« ONSEEEEEEN ! »

« Mouhauiaaou ? »

« Tu te lèves TOUT DE SUITE et tu move your ass ! Les vacances, c’est fait pour REVISER !!! »

bretagne

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21 octobre 2009

Trente-huitième jour : Battle Royale revival

Et si on passait aux matières amusantes ? Voici un aperçu de ce que peut donner le quotidien d'un étudiant es savant fou. Inutile de préciser que toute ressemblance avec des faits réels seraient totalement fortuite. Ou alors vraiment exagérée. J'y tiens.

 Un coup judicieusement placé, un direct dans l’estomac déjà haletant, fait définitivement ployer la combattante. Fille n°11 s’en va mordre la poussière au sens le plus terre à terre du terme. Etrangement, elle lui trouve un goût salé. Le duel avait pourtant commencé en sa faveur. Malgré ses actions maladroites et son inexpérience du combat, elle se sentait bien dans ses bottes en cuir, énergique et alerte, stratège et pleine d’intuition. Elle en aurait oublié que le module Battle était avant tout un jeu dangereux.

 

 Lancé après le massacre de 1996 pour canaliser les instincts destructeurs d’une bande de futurs savants fous, il a déjà fait bien des morts et demande aux élèves un investissement personnel quasi-permanent. Mais elle n’a accepté de voir que le côté romanesque de la chose, et savait qu’elle en paierait un jour le prix. Face à son adversaire, en l’occurrence Garçon n°9, elle a commencé par un espiègle échange de feintes, presque cordial, sur lesquels ils ont presque finis par se mettre au diapason. Salles de cours et amphis ont résonné de ces anicroches amicales, à l’unisson avec tant d’autres duos dans la promo grouillante de vie. Il faut dire qu’il n’est pas rare, dans cette communauté comprenant sûrement quelques futurs spécialistes du complot pour la domination du monde, de voir circuler au milieu d’un amphi une série de shurikens fourbes, comme autant de petits mots rompant la morosité d’un cours magistral. Fille n°10, qui s’est souvent vu reprocher son manque d’initiative et d’agressivité, a enchaîné les attaques avec ce qui lui semblait être une bonne dose d’habilité. Et puis, sans prévenir, est arrivée la première trempe, un crochet du gauche qui a réveillé de vieilles blessures derrière ses côtes. Aussi brusquement qu’il avait commencé, son adversaire a cessé de la frapper, et s’est tourné vers un autre combattant pour un nouveau duel. Malgré la douleur, Fille n°10 en est restée sans voix. Abandonner leur combat sans raison, sans même la contrepartie d’une alliance, était la pire humiliation qu’il pouvait lui faire. Elle a tenté une approche plus fine. Elle s’est glissée discrètement derrière lui, dague à la main, pour une attaque furtive, au milieu d’un cours sur la fabrication de robots géants qui semblait le rendre particulièrement léthargique. N’a-t-elle pas esquissé un geste de son bras armé que son adversaire le lui tord violemment, en une clé de bras ajustée qui envoie la dague rouler sous les sièges de l’amphi. S’ensuit le résultat que l’on connait.

 

 Fille n°11 se roule en boule et laisse les coups pleuvoir, gémissant de rage. Pourquoi est-elle toujours si faible ? Dès qu’elle pense avoir progressé, aussitôt elle se découvre à mille lieux de ses comparses, malgré leurs niveaux d’expérience à peu près égaux. Elle ferme les yeux et serre les dents. Mais les coups ne viennent pas. Elle est poussée sur le flanc et s’étale de tout son long. Au-dessus d’elle, garçon n°9 lui tend un bras et la tracte lestement. Sans paraître voir l’ahurissement de son visage tuméfié, il lui sourit avec toute l’innocence du monde. « Bon, bah, à demain ! » Lance-t-il, et il part de l’amphi d’un pas léger.

Les lois du Battle sont décidément impénétrables.

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19 octobre 2009

trente-septième jour : comme un air de déjà-vu

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15 octobre 2009

Trente-troisième jour : et si je bossais aujourd'hui ?

Aujourd'hui pas de diarrhée verbale, je crois qu'il est temps que je bosse un peu.

Alors juste pour dire que je me remets à la chanson, chant comme écriture, ce qui n'est pas forcément une très bonne nouvelle pour vos oreilles, mais malheureusement pour l'humanité j'ai trouvé quelqu'un qui parvenait à y survivre en montant suffisamment haut le volume de son ampli de guitare.

Et puis surtout, pour pimenter un peu cette froide semaine d'octobre, j'ai le plaisir de vous présenter le premier dessin que j'ai fait pour l'incontournable Festival de l'Oeil Glauque (vous savez, les hululements bizarres qui s'échappe de la halle de sport de l'école chaque année à la Toussaint). Je sais pas s'ils vont l'utiliser tout de suite mais en tout cas voici rien que pour vos yeux :

elfe3

Voilà c'est tout, et joyeux Noël !

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12 octobre 2009

Trente-et-unième jour : et dire que certains pensent qu’il faut payer les mioches…

Je rappelle à d'éventuels nouveaux arrivants que pour préserver leur anonymat... Bon ok, pour triper un coup, les matières d'étude ont été remplacé par des domaines plus... fantasistes.


« C’était en l’an de grâce 1996, la fameuse bloody year qui fait encore frémir jusqu’au moindre boulon de radiateur du département…

Nous leur avions laissé une semaine pour se décider, s’accorder entre eux. 100 élèves, 5 options ; 20 places dans chaque, pas une de plus. Déjà des clans s’étaient formés, selon le type de savant fou que chacun aspirait à devenir à l’issu de leur année finale d’étude. Prétendants alchimistes, télépathes, métamorphes, ensorceleurs et constructeurs de robots-géants-destructeurs-de-planète se lorgnaient dédaigneusement. Mais comment atteindre naturellement une répartition parfaite ?

Le jour de la rentrée, nous les avons enfermés dans ce même amphithéâtre où vous suivez assidûment tous mes cours, nous les avons laissés 7 jours et 7 nuits. Au matin du 8è jour, un lundi matin frais et ensoleillé je m’en souviens encore, nous autres professeurs avons ouvert les portes de l’amphithéâtre, et un souffle nauséeux nous a si tôt pris à la gorge. C’était un spectacle que l’on avait plus vu depuis le grand génocide du département druide&rodeur de 1957. On aurait dit que les tables avaient été repeintes pour une fête de l’Huma, les dernières chaises encore debout se consumaient lentement dans l’air putride. Tiens, c’est d’ailleurs depuis ce temps-là que les murs de cet amphi ont cette sympathique nuance vermillon. Mais je m’égare.

 Les câbles électriques avaient été sortis de leur gaine pour quelque mystérieuse expérience, et la vitre du vidéoprojecteur avait été brisée et utilisée à des fins détournées. Et, au milieu des amas de chairs difformes, un unique élève se tenait encore debout, affichant de toutes ses dents tâchées un sourire démoniaque. « Je veux être en alchimie ! » C’est la seule chose qu’il nous ait dite. »

« … »

« Et c’est depuis que, pour répartir les options, nous préférons utiliser l’algorithme dit hongrois, conçu pour résoudre un problème de mariage entre deux populations distinctes… »

 

Mouais.

Depuis le début de l’année, ce prof est le seul gars à avoir réussi à obtenir le silence complet dans un amphi de 100 loustics.


battleroyale

Fille n°11 aussi veut faire alchimie


(pour ceux qui ne connaissent pas encore, je vous invite à regarder ce film de cinglé qu'est Battle Royale)

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10 octobre 2009

Vingt-huitième jour : la théorie de la régression du vendredi soir

      Les fins de semaine sont toujours difficiles. Et pour peu qu’on se retrouve à 24 dans une salle surchauffée, avec la soirée miurge à venir dans la tête et un TD sur le cycle de formation de la pierre philosophale incomplète sous les yeux, le cours du vendredi après-midi se met à ressembler très fort à un « Sauvés par le gong » version étudiante. Avec plus de blagues salaces, et pas de coupe de cheveux tectoniques à la mode 80’s. Au milieu de la léthargie ambiante et des pourcentages d’entropie de saturation dansant au tableau, Binôme et moi (und nicht ich und Binôme…) n’avons pas tardé à nous foutre sur la gueule à grand renfort d’attaque à la pointe de compas et de vol d’effaceur, tandis que nos voisins de gauche jouaient à shifumi en chantant à tue-tête « J’veux être Miss France ! ». Et le reste de la classe ne valait pas beaucoup mieux.

      Au terme de quatre heures de torture thermodynamique, nous sommes lâchés dans la nature, abandonnés à nos pulsions les plus folles. Hum. Oui bon, on est juste allé en petit groupe boire un coup à la K-fet. Parmi les tables de billards poussiéreuses et les canapés défoncés, nous avons réquisitionné table, chaises, et pintes de bière diluée à l’eau du robinet. Nous nous sommes installés dehors dans la pénombre, et la conversation a rapidement dérivé sur un domaine digne d’un vendredi soir : la philosophie surréaliste de mec bourré. J’ai vu au cours de cette soirée un bus osciller au rythme des sauts de ses occupants, jusqu’à entrer en résonance et décoller vers les étoiles, où l’attendait Luce in the sky with diamonds. J’ai vu des cônes sur un tableau, dans un amphi de géométrie, sourire de toutes leurs dents pour montrer leur capacité d’adaptation en école d’ingénieurs. J’ai vu voler dans la nuit étoilée une ceinture en cuir, fouettant l’air comme une comète, et d’innombrables verres à bière s’empiler comme des legos. Tout cela dans le murmure ininterrompu des noms d’oiseau fusant à travers la table d’un convive à l’autre, transformant l’espace d’une soirée le campus de l’école en volière tropicale. En un mot comme en mille, ça fait du bien par où ça passe.

 

     Nous vous garantissons qu’aucun oiseau tropical, ni ceinture, ni guitare électrique n’a été maltraité pendant cette soirée. Je finis sur une citation résumant à elle seule tout le concept du vendredi soir :

 

barney_stinson_L_1

 

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07 octobre 2009

Vingt-sixième jour : ciel bleu et petit extra...

 A l’aube, le ciel de Lagdanam ressemble au ciel de Bretagne les jours de beau temps : d’un bleu profond sans nuage, mais sans non plus cette lumière blanche qui crame les yeux une fois le soleil levé. Juste quelque chose de serein, qui est là sans qu’on ne s’en rende compte, mais qui fait du bien parce qu’il est là.

 Et je ne sais pas comment je fais. Je marche le nez en l’air sur le chemin de l’école, et j’y vois déjà les nuages gris qui le traverseront un jour ou l’autre. Incapable de me fixer sur l’instant ; dès que quelque chose dans mon quotidien attire mon attention, j’anticipe déjà l’apocalypse annoncé qu’il provoquera à long terme. Des fois j’admire les grands solitaires, ceux qui sont capables d’apprécier leur propre existence juste par l’absence du vortex entropique qui pourrait perturber leur heureuse routine. Mais rien à faire ; tout physicien vous le dira, une entropie nulle, c’est la mort de tout. Et le chaos ? C’est le besoin d’avoir toujours l’impression d’aller quelque part. Alors on brasse de l’air, on court dans une cage à hamster toute la journée, avec en tête les preuves accumulées au fil des ans qu’il y a des choses dans la vie qui donnent un sens à tout ça.

 

Hum. Fin de la jérémiade. Que voulez-vous, chez moi l’écoulement de mots est encore le meilleur moyen de stabiliser cette fichue entropie, et de retrouver quelque temps, un peu de sérénité.

 

Et le deuxième meilleur moyen, c’est la lecture bien sûr ! Je sais que ça n’intéresse personne à part la petite bête blanche à longues oreilles coincée quelque part sur la côte d’Azur, mais devinez ce que j’ai trouvé d’occaz’ ce week-end ? Non… non, ce n’est pas ça non plus… Non Fred arrête c'est dégueulasse là...

 

extras1

Kyyaaaaaa !

Oui, des fois ça fait du bien de jouer les gamines de 12 ans, alors je merde tout ceux que je vois d’avance soupirer.

 

Pour les autres, Extras est le quatrième tome de la série pour ados Pretties, de Scott Westerfeld. Elle raconte les périples d’une gamine vivant dans une société futuriste, où chaque personne subit une opération de chirurgie esthétique le jour de ses seize ans pour atteindre la perfection physique. Plus d’inégalités, plus de criminalité ; ce simple principe permet un équilibre parfait. Oui mais bizarrement, il y a encore des gens à s’opposer à la politique de la beauté ; et pour les avoir fréquentés d’un peu trop près, notre héroïne Tally Youngblood se voit refusée l’opération dont elle rêve depuis qu’elle est une toute petite Ugly. A moins que…

Voilà, en tout cas c’est cool à lire et l’univers est très bien construit, avec la vision d’un camp différent par tome, ce qui je trouve est une idée lumineuse.

 

Sur ce, vous pouvez éteindre votre ordinateur et reprendre votre activité normale.

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05 octobre 2009

Vingt-deuxième Jour : Comment ça je dénigre ?

Tout d'abord mes amis, je me dois de faire des excuses officielles à mon binôme bienaimé, qui est persuadé qu'avec ce que je raconte sur lui vous le prenez tous pour un psychopathe sanguinaire.
Je tiens à te dire binôme, que si tous les bros qui lisent ce blog (comment ça, pas grand monde ???) donnaient leur avis dans un comm, ils te répondraient qu'ici c'est moi, la psychopathe du chamaillage entre bros. (Certains nez en frémissent encore n'est-ce pas Onsen?)

Ceci dit, j'attends que Bobo daigne me transmettre les photos de notre magnifique week-end de tourisme dans Lyon pour faire un article plus consistant, alors en attendant voici un petit amuse bouche.
Je fais savoir à tout abruti potentiellement mal intentionné qui passerait par là que mes nouvelles ont déjà été utilisées à mon nom à des fins diverses, donc le premier qui essaie d'y toucher il va avoir de gros problème et j'enverrai frémir son nez jusqu'en Chine. Hum désolée, la parano d'internet. Voici donc ce que j'ai à vous proposer :la_bourse_aux_étoiles2

PS : Merci Virginie, au moins une pas trop ignarde pour partager ma passion pour les chocobos ! Je savais bien que le drapeau suédois qui venait squatter mes stats devait être dans mes contacts !

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